Jument

 

 

Le désir de créer le solo JUMENT naît de la rencontre entre plusieurs évènements.

Il y a d’abord des archives de l’histoire de la danse conservées dans mon bureau : des articles et photographies du numéro de cabaret Le Cheval composé à Paris pendant la 2ème guerre mondiale par une danseuse moderne allemande exilée du régime nazi, Julia Marcus.

Il y a aussi de nouvelles fréquentations : depuis quelques années je vais travailler dans des fermes en Galice (Espagne) et comme c’est une région où les chevaux vivent à l’état sauvage, en liberté sur la montagne, j’ai eu l’occasion d’en côtoyer quelques-uns et d’enregistrer leurs pas, leurs mouvements et leurs multiples voix.

Puis, j’ai eu envie de questionner nos relations à cet animal à travers son histoire, ses légendes et ses rôles sociaux-politiques.

 

Ce solo est une forme parlée, dansée et rythmée. Je raconte et je fais avec peu de moyens à l’instar d’un numéro de cabaret politique. Je montre des images et je tape un rythme de sabots sur une percussion galicienne placée autour de mon cou. Je tente de bouger-cheval et on entend retentir une chorale de chevaux de différents âges.

Je joue avec l’esthétique du montage et j’essaie de mêler les registres, l’archéologie animale côtoie le fantastique et le croisement entre l’archive de la danse et la mythologie fait émerger un corps hybride qui tente de sortir de ses gonds.