Baves

Mise en scène d’une vengeance

Une vengeance où ne figurent pas les cibles

Une catharsis qui ne nécessite aucun personnage ni aucune situation d'énonciation 

 

Extirper les mots pour ne retenir de la parole que les souffles qui la précèdent 

que les remuements intérieurs desquels n’émergent plus les cris

Seule une rumeur fredonnée parcourt maintenant les corps

 

La colère a muté mais continue à contenir les corps

Elle les a réchauffé et leur donne une densité nouvelle 

 

Ce vaste point de départ est l'objet de la résidence à la Bellone au mois de novembre 2019.

Pour cette nouvelle enquête, j'ai rencontré des personnes qui ont fait l’expérience d’injustices pénales ou qui ont refusé la loi de l’Etat pour se rapprocher d’un autre type de justice ; celle qu’incarne, dans la mythologie grecque, la déesse Némésis. La justice de Némésis redistribue les biens et punit celles/ceux qui s’enorgueillissent de leur richesse. Dans son système, on trouve l’idée d’une « juste vengeance ».

C’est celle-là que j’aimerais organiser. Offrir un espace pour sentir l'agitation kinésique d'une vengeance en préparation.

Quelles expériences pouvons-nous créer - avant le moment de représentation et en-dehors de lui - pour figurer et fabriquer notre juste vengeance, notre propre désastre ?

Que peut-on exorciser pour donner ensuite à percevoir les élans, les vibrations, les rythmes et les tonalités qui restent de ces expériences ?

Quelles formes de tendresses surgissent à l'intérieur-même de situations d'injustices?